J’appréhende la photographie comme un état méditatif. Le silence des images est parole invisible, soudain révélée. Il relève d’une quête. La mienne est celle de la sensation de l’existence. Qu’est-ce qu’un regard, un grain de peau, un sourire peuvent-nous dire du monde ? La grâce reste le plus beau des mystères. Elle retient le présent. Je cherche le présent.

Les personnes que je photographie sont la plupart du temps des proches dont la personnalité et la beauté m’émeuvent. Je les accueille dans mon univers sans idée préconçue, sans volontarisme, pour donner à la rencontre toutes ses chances et lui laisser son espace. C’est l’autre qui choisit de se dévoiler ou non, qui accepte ou refuse l’alchimie : ce qu’il porte en lui d’abstrait – un sentiment, un état d’esprit – sera-t-il révélé par l’image ? Nul ne le sait jamais. Mais quand la rencontre se produit, le monde s’élargit.

Des paysages accompagnent ces portraits comme autant d’échos intimes de cet inconscient révélé. Une ligne d’horizon, un arbre solitaire. Les nus aussi sont des paysages. Ils disent l’amour, le trouble, la paix ; obligent à regarder autrement.

La lumière dit tout sur les modèles. Le corps n'est plus lui-même, il est devenu résonance particulière. Travaillant à l’instinct, je privilégie la lumière naturelle, la seule à même de créer des surprises, de rendre possible ou impossible le moment. Car je ne veux rien posséder.



I apprehend photography as a meditative state. The silence of pictures is an invisible, suddenly revealed speech that reveals a quest. Mine is the one of the feeling of existence. What can a gaze, the texture of a skin, a smile tell us about the world? Grace remains the most beautiful mystery of all. It holds the present.
I seek the present.

The people I photograph are most of the time close to me, their personality and beauty move me. I welcome them in my universe without any preconceived ideas, without voluntarism, in order to give the meeting all its chances and all the space it requires. It is up to the others to decide whether they will unveil themselves or not, accept or reject the alchemy: will the abstract dimension they bear – a feeling or a state of mind – be revealed by the picture? No one ever knows. But when the meeting happens, the world widens.

Landscapes accompany these portraits as so many intimate echoes of this revealed unconscious. A horizon line, a solitary tree. The nudes are landscapes too. They talk about love, confusion, peace. They compel us to look differently.

The light tells everything about the models.
The body is no longer itself, it has become a specific resonance. Trusting my instinct, I favour natural lighting, the only one that can create surprises and make the moment happen or not. Because I do not want to own anything.

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