Delphine Jouandeau
Artiste
Photographe
J’appréhende la photographie comme un état méditatif. Le silence des images est parole invisible, soudain révélée. Il relève d’une quête. La mienne est celle de la sensation de l’existence.
Qu’est-ce qu’un regard, un geste, un corps peuvent nous dire du monde ? La grâce reste le plus beau des mystères. Elle retient le présent. Je cherche ce présent — cet instant fragile et vibrant où le temps ralentit, où la présence devient presque palpable.
Au cœur de mon travail se déploie le dialogue entre l’Homme et la nature. La nature n’est pas un décor, mais une présence vivante, une matière sensible qui accueille et révèle. Elle ramène l’homme à sa propre nature, à sa part instinctive, à ce qui précède les mots.
Ces images naissent d’un échange à trois : la nature, le modèle et moi. Je laisse advenir, tout en guidant ; je me laisse guider en retour — par la lumière, par le paysage, par la présence du modèle. Le processus créatif se trouve dans cet équilibre, dans cet espace vivant où chacun écoute l’autre.
La nature est ce miroir qui révèle les âmes, nos fragilités, nos élans et nos connexions invisibles.
L’homme, souvent nu face aux éléments, y retrouve une vérité simple, essentielle. Ce qui m’intéresse est cette photographie vivante, où le corps dialogue avec le monde autant qu’avec lui-même. L’humain y rencontre sa propre nature, comme un retour à l’origine.
La prise de vue est instinctive, spontanée, sans artifices, guidée par la lumière du jour et par ce qui surgit dans l’instant. Je cherche une photographie sincère et intime, une écriture où le singulier rejoint l’unité, où la peau, la lumière et l’espace entrent en résonance.
Dans mon travail, les images multiples finissent par n’en faire plus qu’une, comme dans une partition de musique où chaque note s’intègre dans un ensemble plus grand.
Le corps devient alors une chambre d’échos. La chair, une clef d’accès à une dimension plus profonde, là où le visible effleure l’invisible.
Mon travail est une rencontre — avec l’autre, avec l’espace, avec la lumière. Je me laisse guider par ce qui surgit et me traverse. Quand la rencontre se fait, le monde enfin s’élargit.
« La beauté est une rencontre. Toute présence Sera par une autre présence révélée. D’un même élan regard aimant figure aimée ; D’un seul tenant vent d’appel feuilles de résonance. » François Cheng

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